Des entreprises textiles collaborent pour concevoir des masques en tissu lavables

Depuis mi-mars, certaines sociétés de la région ont transformé leur activité pour répondre à la demande croissante de masques. Une initiative solidaire et inédite dans le secteur industriel du textile français.

La démarche est née suite au constat de Thomas Huriez le fondateur de la marque 1083, basée à Romans :  » il était nécessaire de répondre à une demande croissante. Un médecin du Chu de Grenoble a partagé sur les réseaux sociaux un patron de masque pour que les professionnels, toujours en activité, puissent se fabriquer des protections. Mais les actifs n’ont ni le matériel et ni le temps pour concevoir leurs propres masques. Alors, dès le soir nous avons récupéré le patron partagé sur le site et nous avons commencé à concevoir des masques lavables. », explique le représentant de la marque.

L’entreprise  1083 a pu compter sur des membres de ses équipes, des couturières bénévoles et des partenaires locaux pour l’aider à concevoir. « C’est une chaîne de fabrication spontanée et de solidarité qui s’est créée. L’entreprise VDT nous a beaucoup aidé pour la coupe des textiles et pour faire le lien logistique avec les fournisseurs. Le maroquinier Algo a aussi prêté main forte pour la conception. », s’enthousiasme Thomas Huriez.

Les salariés de l’Atelier Algo sont mobilisés pour concevoir des masques

Ces trois entreprises textiles implantées autour de Valence et Romans sont parvenues à créer des milliers de masques. « Pour répondre à la demande on a décidé de faire avec ce qu’on avait et de s’arranger pour avoir des tissus qui conviennent. Grâce à cette démarche, on a pu transformer notre activité. Le Comité Stratégique Filière Mode et Luxe (CFS) nous accompagne pour trouver des fournisseurs de textiles et de matières plus spécialisées. » , précise Christophe Fleurial, directeur de l’Atelier Algo. Le CSF regroupe des centaines de professionnels du secteurs.

Pour assurer cette coopération, l’entreprise  Veyret Technique Découpe (VTD), basée à Romans a eu un rôle central. « Nous avons aidé à la découpe mais nous nous sommes aussi transformés en plateforme logistique pour alimenter les maroquiniers et les entreprises en matières textiles pour la conception des masques et pour les faire parvenir aux distributeurs de la région. », décrit José Magalhaes, le directeur de VTD.

Thomas découpe des tissus avant qu’ils soient cousu pour en faire des masques

A présent, les entreprises textiles peuvent concevoir des masques qui sont davantage aux normes de protection. Les partenaires ont contribué à l’effort national tout en ré-inventant leur activité. « Certains employés ont pu reprendre le travail et sortir du chômage partiel ! », s’enthousiasme Christophe Fleurial. Les entreprises ont déjà conçu plus de 10 000 masques et elles comptent en concevoir plus de 40 000 lors des prochaines semaines.

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