EP.1 : Des Françaises d’Outre-mer nous racontent leur confinement

Les territoires d’Outre-mer ont les mêmes restrictions qu’en métropole. La population est confinée depuis le mardi 17 mars. L’air marin des Caraïbes, le ciel bleu et la chaleur font partie du quotidien de Françoise et Manon. La première est installée aux Trois Ilets en Martinique, et de temps en temps, à Die et, la seconde, originaire de Valence, vit à Saint-François en Guadeloupe.

 

 

Ce qui dérange Françoise dans ce confinement, c’est sa durée : « Ici le confinement on le vit plutôt bien. Tous les ans, en période cyclonique, on fait des réserves de denrées non périssables et d’eau. En cas de catastrophe naturelle, on est appelés à rester confinés. Le problème, c’est que ça ne dure jamais aussi longtemps. »

Pour le reste, la situation en Martinique n’inquiète pas Françoise : « Les hôpitaux n’ont pas l’air saturés. Sur l’ile, il y a peu de cas et déjà au moins 50 personnes guéries. Les gens se sont auto-confinés donc la propagation n’a pas beaucoup progressé.»

Pour elle et son mari, le confinement permet de prendre du temps pour s’occuper de soi et de la maison. Mais pour leur fille, rentrée de Paris il y a plusieurs semaines, le quotidien est bouleversé « Ca fait deux semaines qu’elle est confinée dans sa chambre. On s’adapte pour respecter au mieux les gestes barrières. Elle est en télétravail aux horaires de la métropole… Elle se lève donc vers trois heures et demie du matin. C’est un drôle de rythme ! » Il y a six heures de décalage actuellement avec les terres d’Outre-mer.

« C’est assez banal pour nous le confinement »

La situation actuelle pousse Françoise a se questionner : « C’est inattendu avec cette ampleur là. Une rapidité de propagation aussi surprenante qu’effrayante. Et si on était amené à vivre ce type d’expérience à long terme ? Est-ce qu’on sera prêt la prochaine fois ? » Entre les bains de soleil et les paniers de légumes livrés à domicile, Françoise et sa famille s’adaptent bien au confinement. Une manière aussi de voir à l’œuvre le tissu associatif des Trois Ilets et de participer à cet effort de solidarité.

Manon vit dans les hauteurs de Saint-François, en Guadeloupe, chez ses parents.

 

Manon devait rentrer en métropole mais avec le Coronavirus et le confinement, son billet d’avion a été annulé. Elle l’a reporté à fin avril, en espérant un rapide retour à la normale. « J’ai l’impression que la psychose autour du Coronavirus est moins importante ici qu’en Métropole. », s’interroge la Valentinoise.

La maison et la piscine sous trente degrés ne lui font pas regretter son départ reporté vers la métropole. Malgré tout, la jeune femme grince des dents en pensant au massacre de la saison touristique qui battait son plein en Guadeloupe. « Normalement, la période décembre-avril est essentielle. Du jour au lendemain, le restaurant dans lequel je travaille a fermé. Les réservations de location de voiture de mon père ont toutes été annulées progressivement jusqu’à ce qu’il n’en reste aucune. », regrette la saisonnière.

« C’est un peu des vacances dans une cage dorée »

Les mesures de confinement et les gestes barrière sont plutôt bien respectés d’après la jeune femme. « L’hôpital a brulé il y a un peu plus de deux ans. Il est en reconstruction mais en mauvais état. Heureusement, le service des maladies tropicales et infectieuses est efficace.», relativise t-elle.

Pour les deux femmes, même constat : il y a peu de cas confirmés sur l’ile. « On se sent plus protégé du virus ici qu’en Métropole car on est sur une ile. » Les deux femmes habitent chacune  dans une zone reculée de la civilisation et à proximité de la mer. « Il faut bien avouer que je suis contente d’être confinée ici. », confesse Manon.

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